Puis de  l'histoire !

Le mouvement transsexuel et transidentitaire naît en France après la seconde guerre mondiale soit environ dans les années 1950, soutenue par le monde associatif. Avant cela, la question des personnes transsexuelles correspondent à quelques exceptions culturelles sur la scène internationale (masisis, hijiras, woobie, Xaniths, Mahus). Il est tout de même important de prendre quelques exemples pour contextualiser et voir comment ce mouvement a été accueilli.

On retrouve quelques exemples de "transgression" sans pour autant qu'il y ai transidentité dans la culture Française. En effet la figure de Jeanne d'Arc est symbolique, parmi les chefs d'inculpations retenues contre elle on retrouve la transgression du genre avec le fait d'avoir porté une armure et s'être habillée en homme. A l'inverse il existe aussi une image encensée de la transgression du genre dans la littérature française. On retrouve ainsi dans la vision romantique de jeunes filles déguisées en hommes pour rejoindre leurs amants sur le front pendant la guerre, ou encore en comparants certaines femmes pendant la fronde, la révolution à des amazones, ces célèbres guerrières de la mythologie grecque. On peut tout de même remarquer que si cette vision de la féminité est apprécié dans la littérature, elle l'est beaucoup moins dans la réalité.

C'est donc dans un contexte de réprobation d'ordre religieux et moral que ce mouvement naît dans les années 1950.

La période 1950 1970

Dans ces années la, la question trans est détournée, on parle plus souvent de travestissement, ce qui servira de prétexte à une répression policière massive. On voit apparaître plusieurs décrets interdisant le port de la perruque ou le travestissement. A l'opposé le grand public découvre cette question à travers une vision plus artistique , le cabaret dont Paris est la capitale mondiale à cette époque. Parmi ces cabarets célèbres on retrouvent "Chez Madame Arthur" ou " Le Caroussel", avec comme symbole les personnages célèbres de Bambi ou Coccinelle.

Sur la question médical, le monde trans n'arrive pas encore a trouver appuie auprès des professionnels de la santé, la question chirurgicale mais aussi celle de la prise en charge financière ne trouve aucune réponse du coté de l’état. Certains médecins commencent cependant à s'intéresser à cette population se faisant ainsi une réputation parmi celle-ci. Le traitement aux hormones est courant, les pharmacies proposaient encore des hormones sans ordonnance.

C'est dans ce contexte que naît en 1965 la première association trans, l'AMAHO (Aide aux MAlades HOrmonaux), suivit en 1975 par l'ABC (Association Beaumont Continental, en référence au Chevalier d'Eon de Beaumont, illustre travesti du XVIIIè siècle). Ces associations vont servir de support à la politisation de la question transsexuelle et plus largement transidentitaire.

Le processus d'institutionnalisation

La fin des années 1970 correspond à l'instauration de protocoles spécialisés, la question transsexuelle devient enfin un problème médical. La première équipe est créée à Paris et est composée d'un psychiatre, d'un endocrinologue et d'un chirurgien. Les associations commencent à tisser des liens fort avec les équipes médicales, d'autant que cette dynamique est accentuée par le malheureux fait que cette population est touchée par l'épidémie du SIDA. En effet la prévalence d'être contaminé est plus fort chez cette communauté en comparaison au reste de la population.

Les liens qu'ont tissé les associations trans avec le monde médical vont s'amenuiser au cours du temps et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord la prise en charge médical correspond à une « pathologisation » et une « psychiatrisation » de la question trans, mais paradoxalement elle répond tout de même en parti a la prise en compte du changement de sexe. De plus les équipes médicales font face à plusieurs critiques comme la prise en charge arbitraire ainsi que les nombreuses complications post-opératoire.

C'est à ce moment que la question trans va petit à petit passer d'une question "médicale" à une question plus politique et social.

Sortir la transidentité de la liste des maladies mentales : un parcours politique !

En effet cette prise en charge médicale- s'est accompagnée d'une pscychiatrisation de la transidentité. Elle a été classé comme maladie mental a peu près au moment ou l'homosexualité en sortait. Cette classification n'est pas anodine car les pratiques de lobotomie ou d'électrochocs ont été utilisés par certains psychiatres pour "soigner" les personnes trans. Cette époque des années 80 est un stigmate dans l'histoire de cette communauté trans, ce qui ne fera que renforcer l'importance politique et social du mouvement. La transidentité est toujours classée parmi les maladies mentales dans la classification des psychiatres américain, le DSM-IV, qui est mondialement utilisée ou encore celle de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Cette vision pathologisante de la question trans entraîne certains psychiatres à éviter au maximum le changement de sexe, et sans accord du psychiatre, pas de changement. On imagine facilement le nombre de discriminations que peut subir au quotidien cette communauté, mais à cela s'ajoute à des discriminations structurelles. La France n'avance pas législativement non plus dans le sens de la dé-psychiatrisation de la transidentité.

Elle publie en 2004 une révision de la définition du CIM-10 de l'OMS en remplaçant "trouble de l'identité sexuelle" par "troubles précoces de l'identité de genre", dans le but d'exclure les personnes ayant démontré une identité de genre conforme à celle de la naissance. Ce qui ne change donc rien pour la population transsexuelle qui est toujours considéré comme porteuse de troubles pathologiques.

La France va cependant adopter le 10 février 2010 un décret qui supprime les "troubles précoces de l'identité de genre" d'un article du code de la Sécurité Sociale relatif aux "affectation psychiatriques de longue durée". La plupart des journaux titrent " La France, premier Pays à déclassifier la transsexualité comme maladie mentale", ce qui n'est pas l'avis des associations. OUTrans rappelle que "le ministère de la Santé vient bien de publier un décret qui reclasse la transidentité des ALD 23 (affectations psychiatriques de longues durées) à l'ALD 31, mais ce décret ne va pas dans le sens d'une "dé-psychiatrisation" de la transidentité". Les revendications du milieu associatif trans restent "une dé-psychiatrisation effective de la transidentité" " une reconnaissance de la transphobie comme discrimination au même titre que le racisme ou l'homophobie", "facilitation d'accès au changement d'état civil". C'est-à-dire "la suppression des obligations de traitement hormonal, du suivi psychiatrique, d'opérations chirurgicales".

L'accès aux papiers d'identité est un point très important pour le monde trans. En effet c'est par ce support que sont très souvent vécues des discrimination. Passer la douane, retirer un recommandé,voter ,retirer un chéquier à la banque, solliciter un prêt, candidater pour un emploi ou pour un logement, tous ces moments du quotidien mais qui font partie de la vie dans la cité. Les personnes trans se retrouvent acculées et sont obligées de révéler leur transidentité, aspect fondamental de leur vie privée.

Pour avoir une vision plus claire de la législation française je vous invite à regarder la vidéo qui suit : => https://www.youtube.com/watch?v=Yx6qgr_gbYo.

Mais je vous invite aussi à découvrir ou redécouvrir l'histoire du mouvement trans à travers cette frise chronologique interactive => http://www.lordredesmots-lefilm.com/timeline-transhistorique/transtimeline.html

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